Mardi 24 Janvier 2006

El Djezai'r la Berbère

Déjà pendant l'occupation romaine, en 372, un chef d'origine berbère, Firmus, s'étant révolté contre Rome - et après une tentative ratée pour s'emparer de Tipasa - se rendit maître d'Icosium avec l'appui des Donatistes.

Il fut obligé de restituer la ville l'année suivante. Icosium ne sera plus romaine après l'invasion vandale où la ville sera prise et démolie.

Dès lors, on n'entend plus parler d'Alger entre le V' et le X' siècle. Ce fut sans doute un lieu de rendez-vous entre les tribus de la Mitidja qui y venaient faire du commerce avec des marchands venus entre autres d'Hippone et de Carthage.

 C'est là aussi que s'installèrent les Berbères de la tribu des Beni-Mezr'anna. Au IV' siècle de l'Hégire (le X, siècle de l'ère chrétienne), Bologguin, fils de Ziri chef des Canhadja, fut autorisé par son père à fonder trois villes: Miliana, Médéa et une à l'emplacement d'Icosium. Il baptisa cette nouvelle ville El Djezaïr-Beni-Mezranna (les îles des enfants de Mezranna) en référence aux quatre îlots placés devant la ville et protégeant l'emplacement du port. Selon El Bekri, il existait un « très bon et sûr mouillage » entre le continent et l'île de Stofla. Du X' au XVI' siècle, El Djezaïr fut une ville berbère occupée succèssivement par des conquérants s'emparant du Maghreb central et changea donc bien souvent de main. La ville s'édifia grâce à une grande quantité de matériaux, dont de nombreuses colonnes provenant des ruines de l'ancienne cité romaine. Ainsi, on consolida et on reconstruisit à certains endroits l'ancienne enceinte qui l'entourait.

 La cité berbère abritait divers marchés et bazars à l'intérieur de ses murailles et ses habitants pouvaient aussi profiter de nombreuses sources d'eau pure qui jaillissaient près du rivage. Tout autour de la ville, les vastes plaines et les montagnes étaient occupées par des tribus berbères élevant des troupeaux de bœufs et de moutons et produisant du beurre, du miel et des figues.

 Sur les terres les plus riches, le hommes cultivaient du blé et de l'orge. Les endroits les plus arides étaient plantés d'oliviers. El Djezaïr était donc à cette époque une cité prospère qui exportait même l'excédent de ses produits en grande quantité (miel, figues, beurre et céréales). Au début du XI' siècle, la succession de Bologguin fut difficile et dégénéra en un conflit féroce entre deux dynasties. Après de nombreuses batailles sans vainqueur ni vaincu, les belligérants signèrent la paix.

 En 1057, le hammadite El Nacer confia le gouvernement d'El Djezaïr à son fils Abdallâh. Ce fut le début d'une ère d'expansion pour cette ville berbère avec son port bien abrité et très fréquenté par les marins espagnols ainsi que ceux de tous les pays du pourtour méditerranéen. En 1082, cette période prospère continua malgré l'occupation de la ville par les Almoravides. A la fin du Xl' siècle, Youssef-inh-Tachefin fit construire la première grande mosquée de rite malékite : Djama-el Kebir.

Les Almoradives étaient des tribus nomades du Sahara, ce qui déclencha une réaction violente des tribus berbères sédentaires. En 1148, une formidable armée almohade reprit la ville et massacra la garnison almoravide.

Dès le XIII' siècle, le commerce d'El Djezaïr prit un tour différent avec l'apparition de la course et ses corsaires arabes pillant les côtes de la Méditerranée et rapportant richesses et captifs réduits à l'esclavage dans les repaires du port.

A la fin du XV' siècle survint un événement important pour la cité. A la chute de' Grenade en 1492 (prise par Ferdinand, roi d'Aragon, et isabelle, reine de Castille), des milliers d'Andalous chassés d'Espagne vinrent s'installer dans les principales villes côtières comme Oran et Alger. Ces arrivants, haineux contre le continent chrétien, guidèrent lei corsaires maghrébins sur les rivages qu'ils connaissaient bien de leur ancien pays et ils ravagèrent ensemble les villes côtières espagnoles et même italiennes'. Ils ramenèrent ainsi des esclaves et un butin considérable.

A partir de cette époque, les corsaires algériens devinrent la terreur de là Méditerranée et El Djezaïr devint, par l'importance de son port, la capitale de la course. Sentant Que danger et constatant les fréquentes incursions des corsaires dans leurs pays, les Espagnols, mais aussi les Portugais, s'unirent afin de préparer des expéditions contre les côtes algériennes, ce qui permit la prise de Mers El-Kébir par Don Diego de Cordoue, d'Oran en 1509 par le cardinal de Ximenes et de Bougie par Pierre de Navarre.

 
publié par samir

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