Mardi 24 Janvier 2006

 
 

De la fondation de la ville à 1830 D'Eikosi la grecque à Icosium la romaine Les origines de la ville d'Alger sont toujours restées un peu obscures malgré le récit du grammairien Solin à la fin du III' siècle après J.-c.

 Il raconte qu'Hercule, accompagné de ses vingt compagnons, longea cette baie lors d'un de ses périples pour l'accomplissement de ses fameux travaux, probablement Les Pommes d'or des HesPérides (les Hespérides, îles imaginaires, pourraient être en réalité les Canaries). Ses compagnons, lassés de cette quête éternelle et trouvant cet endroit idyllique, décidèrent d'y fonder une ville laissant seul Hercule poursuivre son voyage.

N'ayant pu décider qui de l'un d'eux donnerait son nom à cette cité nouvelle, ils l'appelèrent Eikosi qui signifie vingt en grec. Lors de travaux dans le quartier de la Marine, vers la fin du XIX' siècle, des ouvriers trouvèrent un lot de pièces en plomb et en cuivre qui comportaient sur une face l'effigie d'un homme barbu avec, pendant sur son épaule gauche, vraisemblablement une peau de lion.

 Curieusement, cela pourrait être le dieu Melgart, divinité phénicienne' intimement liée à la légende d'Hercule, la peau de bête étant plutôt attribuée à ce dernier.

Sur la face opposée, des caractères puniques furent traduits par monsieur Cantineau, professeur de langues sémiques à la faculté d'Alger comme étant : Ikisim. Légende ou pas, ce nom se rapproche étrangement d'Eikosi ! On peut rêver que la fondation d'Alger remonte à près de 3000 ans ... Cependant, d'après les historiens, tout commencerait avec la fondation de Carthage par les Phéniciens vers 880 avant J-C.

Ce lieu devait convenir parfaitement pour établir un de leurs comptoirs dont ils jalonnaient la côte nord-africaine afin de commercer. D'après l'étymologie punique, Ikosim se traduirait par la très poétique " île aux mouettes" En 264, Carthage engagea une guerre contre Rome et là s'arrêta son règne car, destin tragique, elle fut détruite. Les Romains et les rois de Numidie et de Mauritanie se partagèrent son empire. Rapidement, Rome étendit son pouvoir sur la Numidie et la Mauritanie. Alger devint de ce fait romaine, son nom se latinisa en Icosium et elle reçut de l'empereur Vespasien le droit latin, c'est-à-dire les mêmes prérogatives que les autres villes de l'Empire.

 Quelques vestiges subsistent de l'occupation romaine, en particulier au 29 de la rue Bab-Azoun où une pierre encastrée dans le mur d'une maison comporte une inscription dont voici la traduction: " A publius Sittius Plocamianus, fils de Marcus de la tribu Quirina, le conseil municipal d' Icosium.

Marcus Sittius Caecilianus fils de Publius de la tribu Quirina, au nom de son fils très cher, ayant reçu l' honneur a assumé la dépense. " Cette pierre formait la base d'une statue décernée à un citoyen romain (dont le père avait pris à sa charge les frais d'érection du monument), Le texte confirme la présence de la commune (Ordo Icositanorum), On trouve aussi en 1900 à Belcourt une belle tête en marbre de l'empereur Hadrien et, près de Notre Dame d’Afrique, une monnaie en bronze de ce même empereur attestant cette période d'occupation romaine.

Ayant le titre de colonie latine, lcosium avait une certaine importance et possédait une organisation de magistrats et de fonctionnaires ainsi qu'un clergé. En 411, elle possédait un évêque donatiste (schismatique), Crescens, et, en 419, un évêque catholique, Larentius. Enfin, en 484, l'évêque Victor fut persécuté par les Vandales. El Bekri, chroniqueur arabe du IX' siècle, mentionne aussi les ruines d'une église.

 

publié par samir dans: www.voyage
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